Saison 3, Episode 1: Le désert d' Atacama

Saison 3, Episode 1: Le désert d' Atacama

Quantum of Solace de Marc Forster - 2008

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« Mon nom est Bond, James Bond. » [Agent 007]

Vous aimez l’action, l’aventure, l’espionnage et l’humour « so british » ? Alors retournez voir Quantum of Solace, un James Bond plein de rebondissements, de méchants très méchants et de belles femmes très belles et très sensuelles. Tous les ingrédients de la série mythique sont réunis pour une séance « au top » !

Quantum of Solace fait suite à l’épisode Casino Royal au cours duquel James Bond perd sa compagne à cause de l’organisation criminelle Quantum dirigée par Dominic Green, un horrible assassin. Même s'il lutte pour ne pas donner un caractère personnel à cette dernière mission, 007 traque le sanguinaire. Il rencontre au cours de sa mission un agent secret bolivien, une femme sublime et déterminée, qui tente d’éliminer un dictateur responsable de l’assassinat de toute sa famille. Le couple s’aperçoit au fil de l’intrigue que les deux affaires sont liées et qu’elles conduisent au même homme :  Dominic Green. De l’Autriche à l’Italie en passant par l’Amérique du Sud, Bond découvre que Green manœuvre pour prendre le contrôle de l'une des ressources naturelles les plus importantes au monde - l’eau - en manipulant la CIA et le gouvernement britannique. Il achète des terres, construit des barrages, provoque des sécheresses puis vend son eau à des prix terriblement élevés. 


Le saviez-vous ?

Le film est inspiré de la nouvelle Chaleur humaine écrite par l’auteur britannique Ian Fleming issue de son recueil Bons baisers de Paris. En 2007 la production a subi une grève des scénaristes à Hollywood qui a largement compliqué le tournage. Les acteurs en ont gardé un souvenir pénible.


Le mot du réalisateur en 2008

Ce nouveau James Bond aborde un thème fortement lié à l'actualité : l'écologie et la crise environnementale qui secoue la planète. « J'ai senti que l'écologie était à la mode ces dernières années, note Marc Forster. Les grandes entreprises s'y sont toutes mises. Tout le monde se présente désormais comme vert. Récemment, de grandes firmes ont pris conscience qu'elles pourraient gagner de l'argent en capitalisant sur la fibre écologique. C'est assez cynique dans le fond. Et c'est un peu ce que nous avons tenté de dire en filigrane dans ce film. »

Satellite view of the Atacama Desert
Satellite view of the Atacama Desert

Connaissez-vous les spécificités géologiques d’un des lieux emblématiques du tournage ?

Les scènes finales du film, au cours desquelles Dominic Green est abandonné seul à son propre sort, sont tournées dans le désert d’Atacama. Situé à l’extrême nord du Chili, il présente tout d’abord une « mare » argileuse asséchée avec des fentes de dessiccation puis une croute « disloquée » de sel ou de gypse mélangés à des argiles. Une lagune semi-inondée riche en dépôts blancs de sel tapisse le sol face aux volcans, dont le Licancabur à 5920 m d’altitude. Un piémont alluvial raccorde la chaine volcanique au fond plat du Salar ou désert de sel. 

Atacama Desert - View over the Licancabur and Juriques Volcanoes from the Moon Valley
Atacama Desert - View over the Licancabur and Juriques Volcanoes from the Moon Valley

Ce lac aux rives changeantes comporte des sédiments constitués de chlorures, sulfates, nitrates et borates apparus sous l’effet d’une forte évaporation. Sa formation résulte du climat aride - aucune pluie ne venant du Pacifique à cause du courant froid de Humboldt - et d’un contexte tectonique favorisant la formation de dépressions endoréiques. Les eaux proviennent de la chaîne andine toute proche (2), s’infiltrent, s’accumulent dans le sol puis se chargent de sels. Lorsqu’elles s’évaporent les sels cumulés forment une croûte solide cimentée par le vent du désert (3). Depuis le Pliocène les éruptions volcaniques et la sédimentation, surtout évaporitique et argileuse, ont produit environ 1000 m d'épaisseur de dépôts dans la dépression d'Atacama. 

Les bassins endoréiques, comme celui d’Atacama, correspondent à un réseau de rivières, ou réseau de drainage, complètement isolé de l'océan mondial. En effet l'eau des rivières n'atteint jamais la mer. Encore très peu étudiées, ces régions représentent environ 20% de la surface des continents et sont généralement situées dans des zones arides ou semi-arides. 

Graphical abstract from Kidder et al., 2020, “A Review of hydrogeochemical mineral exploration in the Atacama Desert, Chile” in Ore Geology Reviews.
Graphical abstract from Kidder et al., 2020, “A Review of hydrogeochemical mineral exploration in the Atacama Desert, Chile” in Ore Geology Reviews.

Le désert d’Atacama est une terre arbustive xérique où règnent les conditions considérées comme les plus arides au monde. Les précipitations s’avèrent quasiment inexistantes et l’évaporation dépasse ces précipitations. Les rosées matinales représentent la seule ressource en eau pour les espèces vivantes et le fort écart thermique entre la nuit et le jour limite le développement de la faune et de la flore. Néanmoins les petites rivières issues de la fonte des neiges (1) s’écoulent vers la cuvette du salar créant ainsi de multiples oasis privilégiées par les indiens Atacamas. 

Les salars andins accumulent des ressources en lithium considérables !

Polygonal Cracks and Salt cristals
Polygonal Cracks and Salt cristals
The Atacama Salar
The Atacama Salar

Entre la cordillère des Andes et la faille d’Atacama

Le désert d’Atacama est enserré entre la cordillère des Andes et la faille d’Atacama.

La cordillère des Andes qui surplombe le désert est un exemple d'orogenèse par subduction. Elle survient lorsque la plaque océanique nazca subduit sous la plaque continentale Amérique du sud et forme ainsi un arc volcanique qui augmente en volume au cours des ères géologiques. La matière ajoutée constitue des reliefs et donc une chaîne montagneuse le long d'une cordillère. Les datations du volcanisme calco-alcalin permettent de déterminer l’évolution orogénique de la région et révèlent que le régime de subduction a commencé après le Permien. Du Trias à la fin du Crétacé inférieur, le régime distensif domine. Un arc magmatique s’installe dans la zone côtière de l’époque caractérisé par un alignement de volcans en bordure du Pacifique. À partir du Crétacé supérieur les phases de compression et de distension se succèdent en lien avec la tectonique globale. La marge subit donc des périodes de raccourcissement, avec plissement en surface, tandis que la subduction entraîne en profondeur des paquets successifs de la marge continentale. L’arc magmatique finit par se soulever au cours des périodes compressives pour donner la Cordillère occidentale.

Ces crises de compression correspondent à celles du Sud-Est de la France avec les premières nappes des Alpes et le début du plissement pyrénéo-provençal.

L’évolution toujours active de la chaîne andine provoque une activité séismique régulière.

Geological sketch map of Andean orogen, from Armijo et al., 2015, “Coupled tectonic evolution of Andean orogeny and global climate” in Earth-Science Reviews.
Geological sketch map of Andean orogen, from Armijo et al., 2015, “Coupled tectonic evolution of Andean orogeny and global climate” in Earth-Science Reviews.

La zone de faille d’Atacama quant à elle longe l’océan Pacifique du Nord au Sud et s’étend sur plus de 1 100 km. Elle se serait formée au début du Jurassique avec la série complexe des régimes tectoniques. La séparation de l’arc arrière andin et de l’océan Pacifique au Jurassique inférieur, la déformation ductile intra-arc au Jurassique supérieur, créant des zones de cisaillement mylonitique, l’apparition d’une ceinture liée au régime de compression au milieu du Crétacé, puis le régime d’extension de l’Oligocène au Miocène, et enfin les grandes réactivations fragiles du Miocène à nos jours, aboutissent à la zone de faille actuelle d’Atacama.

La région comporte principalement des tufs andésitiques et de laves avec de grands batholites de diorite. Des gisements de cuivre porphyrique du Crétacé enrichissent les branches orientales de la faille et présentent un intérêt pour l’homme.

La faille d’Atacama agit comme une faille transformante, faille verticale à l’échelle de la lithosphère, permettant au magma de minerai de fer fondu de migrer depuis son lieu d’origine dans le manteau terrestre vers une zone peu profonde de la croûte. Le magma atteint ainsi la surface lors d’éruptions volcaniques puis la roche devient de l’oxyde de fer-apatite lors de son refroidissement.C

Curiosité Géologique

Les sols vitrifiés d’Atacama seraient des traceurs d’incendies naturels à la fin du Pleistocène. En dehors des volcans, les roches vitrifiées sur terre résultent d'incendies spontanés déclenchés ou alimentés par des composés organiques fossiles - charbon ou gaz - qui produisent ce que les géologues appellent des « paralavas » ou laves paradérivées. Certains verres peuvent également provenir d'impacts hypervéloces d’astéroïdes. La distinction entre les deux origines s'avère simple en présence de veines de charbon dans le premier cas ou de cratère d’impact dans le second. En l’absence d’indices évidents, les chercheurs ont considéré que les verres résultaient d’une explosion à très basse altitude de matériel cométaire ou astéroïdal. Dans ce cas et par analogie aux explosions nucléaires, l’énergie cinétique de l’astéroide ou de la comète se transforme en radiations suffisamment intenses pour vitrifier la surface du sol en un temps très court.

Atacama Desert - The Moon Valley
Atacama Desert - The Moon Valley

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