Saison 3, Episode 2: Le désert de Namibie

Saison 3, Episode 2: Le désert de Namibie

Mad Max de George Miller - 2015

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« Je suis né un volant entre les mains et un accélérateur collé au pied. Je suis l'aigle de la route ! » [Mad Max]

Vous connaissez sûrement Mad Max, au moins de nom. Vous avez sans doute vu ou entendu parler de ce policier de la route chargé de faire régner l’ordre et de chasser les criminels. Vous aimez peut-être les films d’action et de science-fiction. Alors les quatre volets de la série créée par Georges Miller et Byron Kennedy en 1979 sont des incontournables pour vous ! Au fil de ses aventures Max Rockatansky, Mad Max, sillonne les routes d’un pays livré à la violence à cause du manque de pétrole. Une guerre nucléaire finit par décimer la plupart des habitants sur terre. Seuls quelques survivants tentent de créer un monde nouveau.  Le quatrième épisode, Fury Road, nous plonge dans un univers où les ressources en eau et en pétrole, devenues très rares, suscitent brutalité, despotisme et aliénation. En effet un dictateur dénommé Immortan Joe et ses esclaves, des hommes fanatisés, règnent sur la Citadelle et détiennent les richesses tant convoitées. Mad Max se retrouve embarqué malgré lui dans un véhicule militaire piloté par l’Imperator Furiosa. Les personnes à bord fuient le tyran...


Le saviez-vous ?

Le quatrième volet de la saga Mad Max, Fury Road, a été réalisé en 2012 au Dorob National Park, zone protégée particulièrement sensible située en Namibie. À l’époque les conditions du tournage ont suscité colère et désolation. Selon les écologistes et professionnels du tourisme les équipes cinématographiques ont endommagé le site, la faune et la flore particulièrement sensibles et rares. À l'origine le film devait être tourné à Broken Hill, dans le désert australien. Mais, selon La Chaîne Météo des inondations ont modifié la configuration du lieu en recouvrant les terres arides d’un tapis de fleurs. Un paysage en contradiction avec le scénario !

En juin 2013 l’erg du Namib est inscrit au Patrimoine Mondiale de l’Unesco facilitant ainsi sa protection pour les générations futures.

Parc National de Dorob, Erongo, côte centrale de la Namibie
Parc National de Dorob, Erongo, côte centrale de la Namibie

Le désert du Namib, erg du Namib, couvre une surface de plus de 3 millions d’hectares située sur la côte sud-atlantique aride de l’Afrique australe. Le nom Namib d'origine Nama signifie "lieu vaste". Il est considéré par les spécialistes comme le plus vieux désert du monde, datant de 55 à 80 Ma. Sa formation découle d’une succession de phénomènes géologiques.

De la côte atlantique vers l'est, le Namib monte progressivement en altitude sur 200 kilomètres (120 mi) jusqu'au pied du Grand Escarpement. Les précipitations annuelles varient de 2 millimètres (0,079 po) dans les régions les plus arides à 200 millimètres (7,9 po) au niveau de l'escarpement. Le long de la côte les températures restent stables, entre 9 et 20° C (48 et 68° F) par an, tandis que celles à l'intérieur des terres présentent d’importantes variations entre le jour avec plus de 45° C (113° F) et la nuit glaciale. Enfin un brouillard épais recouvre les régions côtières plus de 180 jours par an.

En effet, principale source d’eau il permet à des plantes et des animaux endémiques - invertébrés, reptiles, mammifères « nageurs » et « plongeurs » - de vivre dans un milieu extrême hyperaride.

L’effet des transports éoliens est également emblématique de la géomorphologie de ce désert et de ses différentes types de dunes de sables. Considérées parmi les plus hautes de la planète certaines dunes mesurent 300 mètres (980 pieds) et s'étendent sur 32 kilomètres (20 mi) de long. Les processus de dépôt éolien ajoutent une particularité à ce paysage exceptionnel avec ses inselbergs, reliefs résiduels rocheux aux pentes abruptes, ses pédiplaines, vastes surfaces planes parfois hérissées de reliefs résiduels, et ses playas, plaines basses alcalines.

Contrairement à la plupart des champs de dunes dans le monde, résultat de l’érosion de substrats rocheux in situ, ceux du désert de Namib comportent du matériel transporté. Les dépôts proviennent de l’intérieur du continent africain et parcourent des milliers de kilomètres via l’érosion fluviale. Ils proviennent également des courants océaniques et du vent. Ainsi ce désert incroyable incarne non seulement un exemple d’adaptation de la faune et de la flore dans un milieu extrême mais aussi une palette de couleurs et de textures à couper le souffle !


Les différents types de morphologies arides (from PMF IAS)
Les différents types de morphologies arides (from PMF IAS)

Pour bien comprendre la composition de ce désert, la physiographie de la Namibie mérite une explication spécifique. En effet, voisine du Brésil sur le supercontinent Gondwana avant l'ouverture de l'océan Atlantique Sud il y a environ 130 Ma, la Namibie révèle une marge continentale passive élevée, zone de transition graduelle entre la croûte continentale et la croûte océanique. Son plateau intérieur de 1 000 à 1 600 m de haut séparé d'une plaine côtière par le « Grand Escarpement » n’induit pas de subduction. Ainsi il illustre parfaitement l’ouverture continentale puis la formation d’un nouvel océan.

En plus des dépôts basaltiques qui témoignent de l’éclatement du Gondwana, le désert offre des témoignages fascinants de l’histoire géologique :

Le grand Escarpement
Le grand Escarpement

Les épisodes Néoprotérozoïques de la " Terre boule de neige " (Snowball Earth) entre 720 et 635 Ma ont laissé des traces visibles sur les sédiments d'origine glaciaire découverts à des paléolatitudes tropicales. La présence de diamictite glacière recouverte d’épaisses couches de carbonates marins (« cap carbonates » marins) correspondent à ces phénomènes géologiques.

L’orogonèse Damara, caractérisée par des processus géodynamiques qui dépendent de la tectonique des plaques et aboutissent à la formation d’un système montagneux, termine l'assemblage du supercontinent du Gondwana entre 560 et 550 Ma. L’effondrement du Karst pendant l’orogonèse Damara est à l’origine d’une mine spectaculaire abritant 56 espèces minérales différentes.

Le dépôt du supergroupe du Karoo comporte une série de sédiments, allant du Carbonifère supérieur au Jurassique, accumulés dans des bassins situés derrière les montagnes de la Cape Fold Belt en Afrique du Sud. Il comporte également des roches métamorphiques et ignées qui témoignent de la tectonique des plaques et recèlent des minéraux économiquement précieux : or, manganèse, platine. Des gisements d’autres matières premières tels que les diamants, le charbon et le minerai de fer ont assuré la croissance de la région pendant de nombreuses années. 

L'extraction de tungstène, de sel et de diamants ont notamment susciter des convoitises aujourd’hui maîtrisées pour des raisons écologiques.

Sossus Vlei, Namibia
Sossus Vlei, Namibia

Enfin le grand événement igné d’Etendeka il y a 130 Ma, avec l’ouverture de l’océan Atlantique Sud, déclenche l’apparition d’un massif granitique majestueux. La plus haute montagne, de granit rose, dénommée le massif de Brandberg, culmine à 2 573 m.

Le cheminement dans le désert de Namibie ressemble à un parcours historique. Des roches néoprotérozoïques aux petites collines (koppies) de granit cambrien post-tectonique, des mesas roses, composées des sédiments du supergroupe du Karoo, au coulées résistantes de basalte et de rhyolite, la géomorphologie des lieux parle à livre ouvert de la terre et de son passé. Une merveille !

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