Entretien avec Nicolas Pelissier, président de 45-8 Energy

Entretien avec Nicolas Pelissier, président de 45-8 Energy

Entretien avec Nicolas Pelissier, président de 45-8 Energy

« La puissance de PaleoScan sera extrêmement utile pour nos activités »

45-8 Energy est une startup spécialisée dans l’exploration et l’exploitation écoresponsable d’hélium et d’hydrogène. Créée en 2017 et basée à Metz (France), l’entreprise emploie aujourd’hui 18 collaborateurs. Elle vient d’effectuer une deuxième levée de fond de 5,5 millions d’euros. Elle a reçu le label GreenTech qui distingue l’excellence des porteurs de projets innovants et à fort potentiel économique.

Vous êtes spécialisé dans l’exploration et l’exploitation de l’hélium et de l’hydrogène. Pourquoi ces deux gaz ?

Nous nous intéressons effectivement à l’hydrogène et à l’hélium. Dans beaucoup de pays, de contextes géologiques, l’hydrogène et l’hélium sont associés. L’hélium est une ressource extrêmement chère que nous importons à 100 % en Europe de l’Ouest à grands frais énergétique. Notre mantra est la covalorisation des ressources en présence. Elle doit permettre de baisser les coûts d’extraction. Par exemple, si l’on recueille un gaz contenant 30 % d’hydrogène et 1 % d’hélium, l’hélium étant un gaz extrêmement cher, son exploitation permettra de financer l’exploitation de l’hydrogène qui sera ainsi moins cher et plus rentable, tout en permettant une réduction majeure de l’impact carbone via la valorisation locale de ces ressources.

Où en sont vos projets d’exploration ?

Actuellement, nous travaillons en France où nous avons déposé deux permis d’exploration, notamment un dans la Nièvre sur une zone de 250 km2. Nous travaillons également dans 3 pays d’Europe et accélérons enfin à l’International notamment en Australie, au Maroc et au Brésil. Sur le site de la Nièvre, nous envisageons la mise en place d’une unité de production pilote d’hélium en 2023 avant une phase industrielle attendue pour fin 2027.

Quelle est votre approche pour caractériser les sites d’intérêt ?

Nous utilisons des technologies déjà éprouvées provenant de domaines tels que le minier, le pétrolier, mais également l’agriculture que nous adaptons à nos besoins spécifiques. Ces approches nécessitent au passage le développement de technologies spécifiques. Par exemple, nous avons besoin de monitorer des fuites de gaz en roche surface sur le temps long. Nous avons donc mis au point des capteurs connectés basés sur une technologie de semi-conducteur assez révolutionnaire qui analysent en continu ces fuites et envoient les données sur le cloud. Un autre exemple est la nécessité pour nous d’utiliser intensivement la géophysique. Avec l’exploration de l’hélium et de l’hydrogène, nous sommes à
des profondeurs allant principalement de 0 à 1000 mètres, c’est-à-dire bien moins importantes que pour l’exploration pétrolière. Nous avons donc besoin d’adapter les techniques d’imagerie pétrolières existantes tout en explorant d’autres options géophysiques utilisées plus traditionnellement dans l’exploration minière, hydrogéologique ou encore la géotechnique. Pour ceci, nous développons de nombreuses collaborations et avons mis 7 projets en place ces dernières années.

Que va vous apporter PaleoScan ?

Je viens moi-même de l’industrie pétrolière, je connais donc bien le potentiel de PaleoScan ! C’est un outil particulièrement puissant, un assistant fondamental pour l’interprétation sismique. Il nous sera extrêmement utile pour nos activités. Comme nous ne sommes pas seulement sur de la sismique, nous aimerions faire évoluer PaleoScan en l’ouvrant à d’autres données (gravimétrique, magnétique, tomographiques, spectrométrie gamma, etc.). Le but est de faire des interprétations de zones situées dans les 500 à 1000 premiers mètres sous la surface. Ces développements devraient d’ailleurs permettre d’ouvrir des perspectives aux professionnels qui travaillent à moyenne profondeur, notamment ceux qui sont dans la géothermie moyenne profondeur, la géotechnique, le minier, l’hydrogéologie, etc.

À quoi ressembleront les unités de production ?

Nous sommes sur des gisements de taille modeste, à faible profondeur. Cela permet de déployer une activité industrielle qui concilie respect de l’environnement et des riverains. Le fait par exemple que nous ne passions pas par une liquéfaction des gaz va nous permettre non seulement de faire des unités de la taille d’un hangar agricole, présentant donc une faible emprise au sol, mais surtout de faire des économies d’énergie substantielles.

En ce qui concerne l’hydrogène, le but est de faire une production locale avec des unités de distribution à destination de la mobilité et l’industrie lourde (pour le train,le bus, les camions et les industries à proximité du lieu d’exploitation). Pour l’hélium, le transport sera limité à 1000 km autour du lieu d’exploitation, 5 fois inférieur à ce qui se fait aujourd’hui en Europe de l’Ouest.

Propos recueillis par Véronique Molénat

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